La Lune, le Soleil et Vincent de Paul

Où ? Rue du Faubourg Saint-Denis – 10ème arrondissement

Ces deux sculptures de bronze sont du sculpteur turc Cem Sağbil (1958-) qui les a réalisées en 2006 pour une expo. Elles sont désormais en plein air.

Héméra est une déesse. Elle prend le soleil le matin et le ramène le soir. Elle symbolise le jour. A ses côtés, l’homme personnifie la nuit, avec son croissant de lune dans les mains.

A noter que le croissant de lune est aussi présent sur le drapeau de la Turquie.

En arrière-plan sur l’immeuble : le visage de Saint-Vincent-de-Paul. Peint sur des lattes verticales, fines et longues, il apparaît légèrement flou. Il est d’ailleurs plus net sur la photo qu’en vrai.

Cela rappelle que ce quartier nommé « Saint-Vincent-de-Paul » occupe le site qui fut jadis appelé « l’enclos Saint-Lazare » où le religieux du XVIIème siècle avait installé son ordre de « la congrégation de la mission » pour venir en aide au plus démunis.

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Panthère des neiges

Où ? 8, rue Léon Schwartzenbzerg (pas loin de la gare de l’Est) – 10ème arrondissement

La magnifique médiathèque parisienne Françoise Sagan (peut-être la plus grande de Paris) a ouvert ses portes le 16 mai 2015 dans le clos Saint-Lazare.

Pour l’occasion, Philippe Baudelocque avait réalisé sur le mur en face de l’entrée une magnifique fresque de très grande dimension (17 mètres de long sur 6 de haut) représentant une panthère des neiges, animal à la fois rare, élégant, solitaire, rapide, puissant, méfiant et vulnérable.

Photo avec voiture pour avoir une idée de la taille…

Détail de la tête

Sur le fond noir, les traits blancs font ressembler l’ensemble à une immense carte à gratter. Il s’agit en fait de pastel à l’huile appliqué sur un mur noir.

Pour représenter le pelage et le corps de l’animal, l’artiste a créé des espaces graphiques qu’il a remplis de différentes formes géométriques donnant à son oeuvre un côté primitif et un aspect visuel magique.

Apparemment, d’autres fresques ont été créées par l’artiste. A suivre donc.

 

Un des plus importants « squarts » de Paris

Où ? 59, rue de Rivoli – 1er arrondissement

Au 59 de la célèbre rue parisienne, des artistes décident en 1999 d’investir un immeuble « abandonné » par le Crédit Lyonnais.

Ils créent et exposent. Ils ouvrent leurs portes aux visites. Un squart (squat dédié à l’art) est né. Son nom : Chez Robert, électron libre.

L’occupation est bien sûr illégale. En 2000, l’expulsion est décidée par l’état. Le souci c’est qu’à l’époque « Chez Robert » est, en terme de fréquentation, le 3ème lieu d’expos d’art contemporain le plus visité de Paris… Des groupes de personnes s’élèvent contre cette décision, bataillent contre.

Finalement le lieu est racheté par la Mairie de Paris (Bertrand Delanoë) et restauré. Les artistes sont « officialisés » et peuvent continuer leur travail.

L’intérieur se visite bien sûr et toujours librement ; des concerts y sont organisés (voir le lien en bleu ci-dessus).

En ce moment la façade est ornée d’un immense serpent, libertaire et coloré.

Le corps de l’animal semble être fait de boudins de tissus colorés, la tête réalisée avec des balles de tissus. Effet garanti ! A voir par temps ensoleillé.

Le café Biard devenu Le Joker de Paris

Où ? 1, rue Léopold Bellan et 73 rue Montorgueil – 2ème arrondissement

Pas beaucoup d’informations concernant l’histoire de cet ancien Café Biard devenu Le  Joker de Paris, une librairie s’ouvrant sur les deux rues et vendant également des jeux et quelques souvenirs.

Si vous avez des précisions sur ce café du 2ème arrondissement, n’hésitez pas à en faire part.

Les panneaux d’enseigne sont en mosaïque et ressortent sur le bleu cobalt des devantures qui semblent en bois peint et sont ornementées de moulures sur la face qui fait l’angle.

 

Il semble que les Cafés Biard formaient une enseigne parisienne composée de plusieurs franchisés.

Voici une publicité de 1908 réalisée par un certain Maurice Neumont et conservée à la Bibliothèque nationale de France.

Elle est consultable sur Gallica (remarquez le blason de la ville de Paris sur la robe de la dame qui est, en fait, une allégorie de la ville tandis que tous les autres personnages sont identifiés à des personnes bien réelles de la haute société de l’époque) : voir

Cheminée du Front-de-Seine

Où ? Quartier du Front-de-Seine non loin du quai de Grenelle (Quartier Beaugrenelle) – 15ème arrondissement

Avec ses 130 mètres de hauteur, elle vient en 4ème position pour la hauteur derrière les autres sommets parisiens : la Tour Eiffel (300 m), la Tour Montparnasse (210 m, lire article), l’hôtel Hyatt Regency Paris Étoile (137 m).

Cette cheminée est exploitée depuis les années 70 par la Compagnie parisienne de chauffage urbain.

Elle sert à évacuer les fumées dues à la combustion du fioul de la chaufferie.

La vapeur quant à elle sert au chauffage central des immeubles du quartier ainsi qu’au chauffage de l’eau.

Protection des oiseaux :

Depuis 2012, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) suit avec une caméra la nidification des Faucons pèlerins. Une façon pour sensibiliser les parisiens à la protection de la faune sauvage.

Voir le site de suivi : cliquez ce lien

Église Saint-Jacques-du-Haut-Pas

Où ? 252 rue Saint-Jacques – 5ème arrondissement

Marchons donc jusqu’à la porte de l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas… à deux pas du Luxembourg.

« Haut-Pas » : Ce nom vient des frères hospitaliers venus en 1180 d’Italie de la région toscane Altopascio (qui signifie Haut-Pas). Ils installent dans cet endroit plutôt déshérité de Paris leur hôpital pour les pauvres et une chapelle pour les pèlerins.

XVIème siècle (en 1572, année du massacre de la Saint-Bathélémy) : A l’initiative de Catherine de Médicis, l’hôpital devient un couvent de moines bénédictins. Une première église est construite en 1584.

XVIIème siècle : Construction dans le style classique de l’édifice actuel, une tour haute, un fronton soutenu par 4 colonnes de types doriques. La première pierre est posée par Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII. Puis le manque de finances stoppe la construction. Reprise de la construction grâce à la générosité de Anne-Geneviève de Bourbon-Condé.  En 1684, après la mort de cette dernière, la nef et la façade sont terminées par l’architecte Gittard. Le lieu était un foyer du jansénisme (L’abbaye de Port Royal n’est pas loin).

XVIIIème siècle : Suite à la Révolution de 1789, l’église devient un Temple.

XIXème siècle (en 1803) : Elle est rendue au culte catholique.

XXème siècle (en 1957) : Elle est classée aux Monuments Historiques.

« Saint-Jacques-de-Compostelle » : Une plaque indique que cette église est sur le chemin des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle (de là à Santiago de Compostela en Espagne, il y a encore une bonne trotte de 1500 km environ).

A ne pas manquer : A l’intérieur une très ancienne statue en pierre datant du XIVème siècle et représentant Saint-Jacques le Majeur (alias Saint-Jacques de Zébédée, un des douze apôtres de Jésus et frère de Jean lui-même apôtre) en pèlerin.

 

Eglises, cathédrales… Payant ? Pas payant ?

Les nouveaux chercheurs d’idées rentables sont bel et bien en marche !

Bientôt les touristes étrangers ou autres contemplatifs sans trop de sous devront peut-être bien se contenter d’admirer certaines églises et cathédrales depuis la rue ou le parvis. Ils s’arrêteront devant comme s’arrêtent les petites familles devant l’Abbaye de Westminster quand elles n’ont pas les moyens d’y pénétrer. (Elles exagèrent quand même, c’est pourtant pas cher : Prix d’entrée normal: Adulte: £22.00 Enfant: £9.00).

Pas de sous ? Tant pis pour vous. Et tant pis pour la lumière traversant les vitraux, tant pis pour la fraîcheur des pierres, pour le silence et le recueillement sous les hautes voûtes, tant pis pour les parfums d’encens flottant entre les stalles… Si vous souhaitez admirer les tableaux du chemins de croix, les statues des saints, les choeurs, les chaires et autres autels il vous suffira de regarder en streaming ou d’acheter les DVD de Secrets d’Histoire (Pas chers non plus : 98 euros environ les 7 épisodes).

Mais pour le moment, l’on peut encore entrer sans bourse délier dans les églises et cathédrales, dans les jardins publics… Profitons-en !