L’hôpital au pied du mur

Où ? Sur le mur de la bibliothèque Sainte-Geneviève – 5ème arrondissement

Lorsqu’on est écouté par des sourds, on écrit sur les murs.

A l’heure où on annonce un hommage vibrant aux soignants pour le 14 juillet 2020, certains semblent désirer plus qu’une poignée de main ou des applaudissements.

Space Invader se casse la tête

Où ? Rue de Poissy – 5ème arrondissement

Un Space Invader tout en cubes dont les faces sont composées par les petits carreaux habituellement utilisés par l’artiste Invader dans ses mosaïques.

Bref, un Space Invader tout en Rubik’S Cub, le fameux casse-tête inventé par Ernő Rubik et sur lequel, dans les années 80, des millions de gens de tous les continents ont planché des heures pour essayer de refaire les 6 faces de la même couleur !

Un clin d’oeil à ces années où déferla aussi sur le monde « Space Invaders », ce jeu d’arcade japonais dont les Aliens envahisseurs ont inspiré Invader.

Le plus vieux parisien a 419 ans !

Où ? Square René Viviani – 5ème arrondissement

Le robinier faux-acacia, le plus vieil arbre de Paris

Planté en 1601 par Jean Robin dans un jardin dont il avait la charge (situé à l’actuelle place Dauphine), ses rejets ont été transplantés par son fils Vespasien Robin dans l’actuel jardin René Viviani qui jouxte la petite église médiévale Saint-Julien-le-Pauvre.

Toujours debout, toujours vivant, toujours feuillu, cet arbre est le plus vieux être vivant de la capitale puisqu’il a 419 ans !

Sur cette photo floue (presque un flou artistique…), la « canne » en béton de ce vénérable ancêtre est bien visible.

Elle permet de soutenir son tronc et d’empêcher qu’il ne penche trop.

Robin, un botaniste on ne peut plus parisien

Jean Robin, né à Paris (1550) et mort à Paris (1629), était un botaniste qui officia en tant que jardinier sous trois rois de France : Henri III, Henri IV et Louis XIII.

Peut-on le considérer comme l’ancêtre spirituel d’Alain Baraton, le jardinier le plus médiatique du moment ? Un peu.

Robin et les robiniers

Nom latin du robinier faux-acacia : Robinia pseudoacacia

C’est le célèbre botaniste suédois Car von Linné (1707-1778), père de la nomenclature binominale encore utilisée actuellement, qui donna le nom du genre de cet arbre (1er mot latin) en hommage à Jean Robin et à son fils.

Pourquoi ? Parce que Jean Robin fut le premier à obtenir un spécimen de cet arbre reçu directement d’Amérique et parce qu’il fut le premier à le planter.

 

Qui a posé un lapin à Paris ?

Où ? 5ème arrondissement, près de la rue des Ecoles.

Très joli collage d’un(e) artiste que je ne connais pas… Si quelqu’un sait…

Le lapin aux oreilles tombantes est en couleurs et est associé à des dessins de rouages industriels, de bâtiments, de toits… qui, eux, sont en noir et blanc.

Le tout a été imprimé puis collé.

Entre douceur de la nature et dureté des inventions humaines.

L’inscription en lettres de Scrabble juste au-dessus émane probablement d’un tiers amoureux. Sa Mélanie lui aurait-elle posé un lapin ?

Christo est mort, Paris ne sera plus jamais emballé

Christo est mort hier, le 31 mai 2020, à New York.

Né à Gabrovo, ville bulgare située dans la Stara Planina pas loin de Véliko-Tarnovo, il avait 84 ans, presque 85.

Il créait aux côtés de Jeanne-Claude jusqu’au décès de celle-ci en 2009.

Ce couple d’artistes fut connu pour avoir empaqueté et fait disparaître sous d’immenses linceuls de toile de polyester opaque des « objets » de grande taille.

En 1985 : C’est le Pont-Neuf, le plus vieux pont de Paris, qui fut empaqueté d’ocre.

Photo extraite du site de France Inter : voir

Printemps 2020 : Christo devait empaqueter l’Arc de Triomphe.

Suite à l’épidémie, le projet avait été reporté à l’automne 2021.

Il ne se fera donc pas.

Paris covidé, Paris confiné mais Paris libéréééé !

Où ? Jardin du Luxembourg, 6ème arrondissement.

Hier, 30 mai, c’était la réouverture des parcs et jardins en France.

Aujourd’hui, dans l’après-midi, première petite balade entre le 5ème et le 6ème arrondissement, depuis le 17 mars, début du confinement.

Moins de voitures, moins de passants, quasiment pas de touristes… les rues et les quais de Seine nous ont semblé vraiment très calmes.

C’est aussi en voyant, le long des rues, les nombreuses places de parking disponibles qu’on se disait que tout n’était tout à fait encore revenu à la normale…

Sur les quais entre le Pont-au-Change et le Pont-Neuf, des gens venaient s’asseoir pour manger les sandwichs qu’ils avaient achetés aux boutiques de vente à emporter. Mais pas en grand nombre.

Certes le beau était de la partie, mais la visibilité nous a paru quand même bien meilleure qu’auparavant. Moins de pollution ? C’est bien possible.

C’est dans les espaces verts qu’il y avait le plus de monde : dans le square du Vert-Galant à la pointe de l’Île de la Cité, par exemple, ou dans les jardins du Luxembourg dont les pelouses « autorisées » étaient remplies. Mais cependant, pas de problème pour trouver des chaises métalliques ou des bancs vacants et ça, c’était quand même très surprenant pour un dimanche de grand soleil !

Jardin du Luco : Pièce d’eau et parterre central, Palais du Luxembourg (Sénat)

Rotation à 180° : Pelouses. En fond : Grilles côté lycée Montaigne.

 

 

Quand Paris était le bivouac de la Révolution

Il y a 149 ans, le 28 mai 1871, prenait fin la Commune de Paris écrasée par les Versaillais du gouvernement d’Adolphe Thiers au terme de la « Semaine sanglante » (21 mai-28 mai 1871).

Cette semaine fut marquée par des exécutions en masse et des déportations vers le bagne de très nombreux Communards, connus ou anonymes : 30 000 furent tués, 46 000 furent faits prisonniers.

Ainsi le militant Eugène Varlin, lynché par la foule puis fusillé mourant et la militante Louise Michel déportée en Nouvelle-Calédonie.

Jules Vallès, quant à lui, put s’enfuir avant d’être condamné à mort par contumace.

L’amnistie pour les exilés fut votée en 1879 à l’issu d’une campagne menée par des gens comme Victor Hugo.

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« Ô grand Paris !

« Lâches que nous étions, nous parlions déjà de te quitter et de nous éloigner de tes faubourgs qu’on croyait morts !

« Pardon ! patrie de l’honneur, cité du salut, bivouac de la Révolution !

« Quoi qu’il arrive, dussions-nous être de nouveau vaincus et mourir demain, notre génération est consolée ! Nous sommes payés de vingt ans de défaites et d’angoisses.

[…]

« Nous avons saigné et pleuré pour toi. Tu recueilleras notre héritage.

« Fils des désespérés, tu seras un homme libre ! »

Jules Vallès

Extrait de L’Insurgé

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Chute du mur de la honte : 30 ans déjà. Fall der Schandmauer : Schon seit 30 Jahren.

Où ? Devant la Maison de la radio, avenue du Président-Kennedy, 16ème arrondissement.

Le 9 novembre 1989, il y a 30 ans aujourd’hui, le Mur de Berlin tombait.

Fragment de mur à Paris :

Pour commémorer les 20 ans de la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 2009, un fragment avait été donné à la France. Il est exposé devant la Maison ronde de Radio France.

Côté Est, le mur gris béton  :

Côté Ouest, fresques et graffitis.

Je n’ai pas fait de photos mais je crois me souvenir qu’au dos de ce monument, il y a des tags.

En effet, ce côté du mur fut un support artistique pour les graffeurs du monde entier attachés à dénoncer ce symbole d’exclusion et division.

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Histoire en bref :

Edification : Dans la nuit du 16 août 1961 par le régime de la RDA.

Hauteur : 3.6 m

Longueur : 155 km dont 43 km entre Berlin-Est et Berlin-Ouest.

Démolition : 9 novembre 1989

Durée : Il sépara pendant 28 ans les allemands de l’est (République Démocratique Allemande/RDA – Deutsche Demokratische Republik/DDR) et les allemands de l’ouest (République Fédérale d’Allemagne/RFA – Bundesrepublik Deutschland/BRD).

Surnoms : Il fut dénommé « Mur de la Honte » (die Schandmauer) par les uns et « Rempart anti-fascistes » (Die antifaschistische Mauer) par les autres et symbolisait la période extrêmement tendue et détestable de la Guerre Froide.

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Vidéo : Chute du Mur « aux sons moelleux de l’archet »* du violoncelliste Mstislav Rostropovitch qui jouait une suite de Bach.

* Comme le disait Philippe Meyer dans son émission « La prochaine fois je vous le chanterai » que France Inter a malheureusement arrêtée en 2016.

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Interview du 04/11/2019 de Daniel Cohn Bendit par Léa Salamé et Nicolas Demorand sur France Inter : « Quand les murs tombent, les dictatures tombent »

« Océan en voie d’illumination », l’expo du Muséum est en préparation

Où ? Au jardin des plantes, 5ème arrondissement

Après « Espèces en voie d’illumination » de l’année passée, le Muséum national d’Histoire naturelle va proposer un nouveau spectacle lumineux autour du thème des mers et des océans.

Cette exposition-événement aura lieu du 18 NOVEMBRE 2019 au 19 JANVIER 2020.

A visiter de préférence de nuit !

Les 50 sculptures monumentales réalisées par les équipes de China Light Festival sont actuellement en tout début de construction.

Quelques algues féeriques peuvent être aperçues en train de pousser près des hangars…