L’impasse où naquit La Pléiade

Où ? Impasse Chartière – 5ème arrondissement

Dans cette impasse, une plaque fixée sur un immeuble mérite quelques minutes d’attention…

Elle mentionne le nom du collège de Coqueret, un établissement qui aurait probablement été complètement oublié si certains des plus grands lettrés français du XVIème siècle n’y avaient pas étudié…

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Un mot sur le lycée de Coqueret

Fondé au XVème siècle par le prêtre amiénois Nicolas Coqueret, ce collège était réputé pour la grande qualité des cours qui y étaient dispensés, notamment en médecine, en astronomie et en langues anciennes.

Des professeurs prestigieux, des élèves brillants

JEAN DORAT (1508-1588) : Nommé professeur de grec en 1547, il fut également le principal du collège de Coqueret. Pour lui, le latin ne pouvait s’étudier correctement sans la connaissance du grec… Il s’inscrit donc dans le courant de la pensée humaniste du XVIème. Rappelons que le mot « humanisme » vient du latin « humanitas » qui désigne l’étude des langues anciennes que sont le latin et le grec.

Réputé pour sa mémoire hors norme, il faisait certainement une forte impression sur ses élèves.

En tout cas, il sut leur transmettre le goût de la poésie et susciter en eux l’envie de créer des œuvres en langue française égalant la perfection de la littérature antique.

PIERRE DE RONSARD (1524-1585) : Jeune homme, il fut le secrétaire de Dorat et le suivit au collège de Coqueret lorsque celui-ci y prit ses fonctions. Ronsard fut donc un des premiers élèves de Dorat.

Qui n’a pas étudié pendant sa scolarité son ode « Mignonne allons voir si la rose » ? Et pour se remémorer à quel point Ronsard a marqué la poésie, rappelons qu’il fut surnommé « le prince des poètes et le poète des princes ».

JOACHIM DU BELLAY (1522-1560) : Il rencontre Ronsard en 1547 et le rejoint au collège de Coqueret vers 1549.

Un des poèmes les plus célèbres de du Bellay est « Heureux qui comme Ulysse ».

De La Brigade

Au collège de Coqueret, Ronsard et du Bellay décidèrent de former un groupe baptisé, dans un premier temps, La Brigade.

Leur projet était de devenir en quelque sorte « la nouvelle vague » poétique en créant des œuvres aussi importantes que celles de l’Antiquité mais ciselées en langue française.

à La Pléiade

Ronsard et du Bellay créèrent une telle émulation que d’autres poètes les rejoignirent : ainsi Jean-Antoine de Baïf (dont Dorat avait été le précepteur) et d’autres écrivains actuellement moins connus tels que Rémy Belleau, Étienne Jodelle, Jacques Peletier et Pontus de Tyard.

C’est ce cercle de poètes que l’on connaît toujours de nos jours sous le nom de La Pléiade.

Deffence et Illustration de la Langue Francoyse

Ce texte de du Bellay est considéré comme le manifeste de La Pléiade.

Pour celles et ceux que le vieux français n’effraie pas, ce texte est présenté sur GALLICA/BNF : ouvrir le lien

L’homme-silhouette de Némo

Où ? 20ème arrondissement

On a appris le décès de Némo.

C’était un pochoiriste parisien qui a poétisé les vieux murs décrépis des quartiers de Ménilmontant et de Belleville.

Faciles à reconnaître, ses pochoirs présentent la silhouette d’un énigmatique homme en noir coiffé d’un chapeau et vêtu d’une gabardine. Il est souvent associé à des silhouettes de chats noirs et est toujours entouré de silhouettes d’objets également monochromes mais tout rouges (chaussettes, parapluie, ballon…).

Parfois un homme blanc lui est associé, fruit de la collaboration de Némo avec un autre pochoiriste, Jérôme Mesnager.

Un texte de Daniel Pennac :

Il est le peintre mural de nos manques : nous sommes lourds et il nous donne à planer, nous sommes sérieux et il nous donne à jouer, nous sommes pragmatiques et il nous donne à rêver, nous crevons de peur stérile et de rage impuissante, il apaise nos murs, nous sommes saturés de nous mêmes et il ouvre nos fenêtres, nous sommes bornés et il ouvre nos portes, nous sommes immobiles et il nous propose de larguer les amarres ; libres à nous de bouger ou pas, ce n’est pas lui qui nous y forcera. Il ne donne aucun conseil, n’indique aucune direction, n’émet aucun souhait et se prend si peu pour lui-même qu’il signe “personne” les tribulations de l’homme noir.”

L’enfant rouge puni sous le pont Marie

Où ? Pont Marie, 4ème arrondissement

Sous le pont Marie coule la Seine… On l’emprunte pour aller de la rive droite à l’île Saint Louis. Ou réciproquement.

Sous ce pont passe aussi la voie Georges Pompidou… Empruntons-la.

Dans une des niches, un petit personnage immobile attire le l’œil et intrigue… C’est un enfant rouge, présenté de dos, un bonnet d’âne sur la tête… puni, au coin, rejeté, seul.

Photo prise sur le site de l’artiste : voir

L’artiste ?

Il s’appelle James Colomina. Il est toulousain. Toutes ses œuvres de rue ont la particularité d’être rouges et de rappeler aux passants l’existence des personnes se retrouvant au ban de la société.

Une couleur qui interroge

Cette couleur me fait penser à toutes ces quelques expressions de la langue française contenant le mot « rouge » :

« Être la lanterne rouge », c’est être le dernier des derniers, celui que tout le monde oublie, qui n’intéresse personne.

« Rouge de honte », rouge comme la honte de celles et ceux qui se sentent exclues, comme la honte de celles et ceux qui détournent le regard de ces personnes.

« Alerte rouge », c’est ce signal d’alarme qui est censé nous alerter quand une situation est extrêmement grave. L’exclusion galopante en est une.

Le bonnet d’âne

En affublant ainsi son enfant rouge d’un bonnet d’âne, l’artiste fait aussi, me semble-t-il, un lien entre cette punition du passé qui visait à ridiculiser l’élève qui le portait en le faisant passer pour un ignorant aux yeux de ses camarades et le présent où tant d’élèves sortent du système scolaire sans rien.

Jean-Paul Belmondo, « Peine sur la ville »

UN GRAND ACTEUR

Né le 9 avril 1933 à Neuilly et décédé le 6 septembre 2021 à Paris à l’âge de 88 ans.

Belmondo était un acteur de cinéma et de théâtre. Il avait commencé sa carrière dans les années 50-60.

C’était un des comédiens français les plus connus dans le monde.

«C’était un confort total de tourner avec Belmondo…. Les grands acteurs, c’est toujours un grand confort» a dit Bertrand Blier qui l’avait fait tourné dans le film « Les acteurs », en 2000.

UN DES FILMS DE BELMONDO SE DÉROULANT À PARIS

1975 : Peur sur la ville de Henri Verneuil (1920-2002)

Qui a vu ce film policier se souvient forcément non seulement de la musique d’Ennio Morricone (1928-2020) s’ouvrant avec des pulsations ressemblant à des battements de cœur, mais aussi des impressionnantes poursuites du commissaire Letellier aux prises avec les deux méchants criminels du film.

Thème musical :

Scène sur les toits de Paris :

Letellier poursuit le terrifiant Minos/Pierre Valdeck (Adalberto Maria Merli, né en 1938) qui s’échappe d’un immeuble où il vient d’assassiner une femme.

Apparemment « Bébel » n’était pas sujet au vertige…

Scènes du métro (ligne 6 pour être précis) :

Lettellier se lance à la poursuite de son ennemi juré, le braqueur de banque Marcucci (Giovanni Cianfriglia, né en 1935).

La poursuite commence à la station Charles de Gaulle. On voit alors Belmondo sur le toit du métro, plongeant aux passages des tunnels…

Puis c’est la scène la plus célèbre, celle où « Bébel » est debout sur le toit du métro qui passe en extérieur sur le pont à la station Bir-Hakeim…

UN HOMMAGE NATIONAL SERA RENDU À L’ACTEUR

Où ? Invalides, 7ème arrondissement

Quand ? Jeudi 09/09/2021 à 16h30

Des écrans géants permettront au public de voir et d’écouter depuis les pelouses l’hommage rendu, par le président de la République française Emmanuel Macron.

OBSÈQUES

Où ? Église Saint-Germain-des-Prés, 6ème arrondissement

Quand ? Vendredi 10/09/2021 à 11h00

Saint Jean Bosco, église style Art déco

Où ? Rue Alexandre Dumas – 20ème arrondissement

L’église Saint Jean Bosco frappe par sa couleur blanche, par ses lignes géométriques et surtout par son haut clocher en forme de fusée à trois étages qui atteint la hauteur de 53 mètres.

Art déco. Cette église a été construite dans les années 30 (1935-1938) à la fin du courant Art déco.

Saint Jean Bosco ? Jean Bosco était un prêtre italien (XIXème siècle) qui, comme le rappelle la statue qui trône sur la balustrade des escaliers, s’est occupé d’enfants défavorisés.

Par ailleurs, il est fondateur de la Société de Saint François de Sales, congrégation d’hommes appelés également « Salésiens ».

Don Bosco, à qui l’Eglise a attribué quelques miracles, a été canonisé en 1934, comme le montre l’auréole.

Revoir le Paris d’Henri Cartier-Bresson

Exposition photographique temporaire : Mardi 15 juin 2021 – Dimanche 31 octobre 2021

Où ? Musée Carnavalet / 23, rue de Sévigné 75003 Paris

A noter : c’est la 1ère expo du Musée Carnavalet depuis sa réouverture !

Site : ouvrir la page


Dans l’océan d’images parfois de qualité mais souvent sans intérêt qui déferlent dans tous les sens et dans laquelle notre époque s’engloutit, les photographies de certains artistes comme Henri Cartier-Bresson (1908-2004) sont des îles dont on a bien besoin pour se raccrocher, pour retrouver sa respiration.

Pour qui aime le Paris d’aujourd’hui, il ne faut pas manquer cette exposition qui donne à voir le Paris d’hier avec ses rues et ses gens. L’aspect de Paris, la mode, les luttes de classes… tout semble avoir changé et pourtant, les regards en coin sont toujours les mêmes…

Cette photo ci-dessus est empruntée à Paris Musées. Vous la découvrirez à l’exposition. Tous les détails comptent, même le nom des journaux que ces deux femmes lisent dans la brasserie Lipp… A découvrir sur l’original.

« Fragiles colosses », expo en plein air du sculpteur Michel Bassompière

Où ? Jardin des plantes (parterre faisant face à l’amphithéâtre Verniquet, côté rue Cuvier) – 5ème arrondissement

Quand ? Du 30 avril au 30 août 2021 (à voir de préférence quand le soleil donne).

Sculpteur ? Michel Bassompière

Organisateur ? Le Muséum national d’histoire naturelle

Nombre d’oeuvres présentées ? 2 gorilles et 3 ours

Prix ? Gratuit car en plein air !

Gorille assis (et ours polaire au fond)

Tentative d’interprétation

Hormis leur grande taille, ce sont les postures des animaux et leur aspect parfaitement lisse qui sont saisissants et touchants. Michel Bassompière réussit à allier la force et la douceur.

(Je n’ai aucune idée des matériaux utilisés pour ces réalisations. Si quelqu’un sait…)

Chaque animal est posé sur un piédestal et semble comme isolé dans un univers qui n’est pas le sien. On peut voir dans cette présentation une allégorie de l’amenuisement des espaces vitaux des animaux.

Et comme ces 5 sculptures imposantes ont un aspect laqué, elles luisent et reflètent les éléments qui les entourent, comme des miroirs. Serait-ce pour nous rappeler que tout ce que l’homme construit a un impact direct sur les autres espèces ?

Nul doute qu’en montrant ainsi la beauté de la nature, ces sculptures artistiques sauront sensibiliser le plus grand nombre à sa préservation.

Toute différente était la sculpture du XIXème ou du début du XXème siècle. En voici un exemple, à voir aussi au Jardin des Plantes : Le dénicheur d’oursons par Frémiet.

Des oeuvres qui inspirent

Deux parisiennes, l’une reproduisant l’ours blanc, l’autre le gorille…

Fauvette à tête noire au bois de Vincennes

Où ? Bois de Vincennes – 12ème arrondissement

Il y a déjà plus de deux mois que les oiseaux ont commencé leur saison de reproduction. Pas mal de mâles chantent encore.

Au bois de Vincennes, la fauvette à tête noire est bien présente en ce début mai.

Bien sûr, vous pourrez aussi la voir et l’entendre dans beaucoup les parcs et squares arborés de Paris.

Ouvrez l’oeil

C’est un oiseau facile à reconnaître quand on parvient à le voir ! Le mâle porte un béret noir tandis que celui de la femelle est marron.

Ecoutez cet extrait issu du Livre-Cd « Ecoutons la forêt ! » édité aux éditions Larousse : cliquez pour lancer le player Larousse

L’écoute vous permettra de mieux repérer cet oiseau qui aime chanter dans les feuillages.

Son chant est relativement simple à reconnaître : des phrases assez courtes, mélodieuses, avec une introduction parfois un peu brouillonne et un final plus appuyé.

Son cri d’alarme est vraiment facile à identifier : des séries de « tak » rebondissants qui ressemblent au bruit d’un jeu de tacatac.

« Ecoutons la forêt ! », un ouvrage avec de belles photos, beaucoup d’informations et d’anecdotes

Dispo en librairie, sur fnac.com, amazon.fr etc.

Philippe Geluck fait prendre l’air à son Chat !

Où ? Sur l’avenue des Champs-Elysées – 8ème arrondissement

Le désormais célèbre dessinateur belge Philippe Geluck a plus d’une corde à son arc !

Pour lire les 20 sculptures de sa nouvelle BD à ciel ouvert, allez vous promener sur les Champs-Elysées… Elles sont là depuis le 26 mars mais vont repartir le 9 juin 2021.

Un avant-goût avec deux de ses oeuvres exposées :

« LE MARTYR DU CHAT » :

Transpercé de crayons de couleur servant de perchoir à de petits oiseaux, sûr que ce « Saint-Sébastochat » survivra à son supplice comme Saint-Sébastien a survécu à sa mise à mort par sagittation…

« LE JUSTE RETOUR DES CHOSES » :

Légende : « Pour une fois, c’est une voiture qui s’est fait écraser par un chat »

Alain BasChung, tant aimé

Où ? Cimetière du Père Lachaise – 20ème arrondissement

Emplacement. Le monument funéraire d’Alain Bashung (1947-2009) se situe dans le cimetière du Père Lachaise, division 13, non loin du rond-point Casimir Périer. Situé en bordure d’allée, il est facile à trouver.

Un C entre l’homme et l’artiste. Alors que j’étais devant la tombe, une personne m’a dit : « Avez-vous remarqué la faute d’orthographe sur le nom ? » Selon moi, il ne s’agit pas d’une erreur, « Baschung » avec un C étant l’orthographe de son nom de naissance et « Bashung » sans le C étant son nom de scène.

Disque de marbre. Une récompense qui n’existe pas dans la carrière d’un chanteur, une récompense que ceux qui ont apprécié Bashung auraient souhaité plus tardive. Mais nul doute que pour les fans les sillons gravés sur la pierre tombale et évoquant un 33 tours diffusent encore les bonnes ondes du souvenir.

Tant aimé. A peine visibles, des petites taches de couleurs parsèment la stèle verticale comme autant de pétales ou de papillons qui s’envolent et restent suspendus au-dessus du pot de fleurs : ce sont des traces de baisers…

Hier à Sousse… demain Paris…