Paris à vol d’oiseau

Un livre sur Paris

« Paris à vol d’oiseau » est un livre dont je viens d’entendre parler et qui a la particularité de présenter des photographies de la capitale réalisées par un drone, donc de donner une vision de Paris nouvelle et intéressante.

Ne l’ayant pas eu entre les mains, je ne sais pas ce que valent les photos.

A priori, cet ouvrage est indisponible chez beaucoup de revendeurs internet (fnac; chapitre…). A noter aussi que, pour le moment, il ne semble pas être disponible dans le réseau des médiathèques parisiennes.

  • Parution : 1er octobre 2020
  • Editeur : Gallimard
  • Auteurs : Jérémie Lippmann, Basile Dell, David Foenkinos

Toujours est-il que la courte vidéo de présentation est plutôt attrayante !

Apparemment des projections plus longues étaient programmées en octobre 2020. Mais ont-elles pu avoir lieu ? Rien n’est moins sûr.

Romain Gary et ses colocataires de la rue du Bac à Paris

Où ? 108, rue du Bac – 7ème arrondissement

Voici l’entrée de l’immeuble, objet de cet article. Elle donne accès au square de La Rochefoucauld à ceux qui possèdent le digicode de la grille…

Mais c’est avant tout l’entrée de l’immeuble où vécut pendant 17 ans Romain Gary.

2 décembre 1980, 108 rue du Bac : 1 suicide, 4 morts (au moins)

Oui, il semble que dans son appartement rue du Bac, Romain Gary était plusieurs !

Lorsque Gary tira sa révérence à l’âge de 66 ans, c’est Roman Kacew (son nom de naissance), Romain Gary (écrivain au prix Goncourt 1956 pour Les racines du ciel), Emile Ajar (célèbre pseudonyme d’écrivain au second prix Goncourt 1975 pour La vie devant soi) et Shatan Bogat (un autre pseudo « américain ») qui disparurent du même coup. Sans parler des autres : un résistant compagnon de la Libération, un diplomate…

Mais Michel Cousin, le personnage du roman Gros-Câlin, lui, est toujours là, à chaque relecture du livre, toujours en train de se dépatouiller entre son immense solitude parisienne et son amour pour sa collègue Mademoiselle Dreyfus, toujours à constater que Gros-Câlin – le python très ambigu de deux mètres vingt qui partage sa vie et auquel il s’identifie étrangement parfois -, ne peut, malgré tous les efforts qu’il déploie à chacune de ses mues, devenir autre qu’un python…

Michel Cousin/Gros-Câlin ressembleraient-il à Romain Gary/Emile Ajar ? Peut-être bien.

Une main avec des écailles sur laquelle est perchée la souris Blondine censée être destinée à nourrir Gros-Câlin… Cette couverture dessinée par Georges Lemoine est, selon moi, la plus belle de toutes.

Henry Murger, le bohémien parisien

Pas moyen d’aller sur Paris, même masqué… je ressors donc une photo faite en 2019.

Où ? Jardin du Luxembourg – 6ème arrondissement

Ce buste représente Henry Murger, écrivain né et mort à Paris (1822-1861).

On trouve aussi son nom orthographié comme ceci : Henri Murger ou Henry Mürger.

Les Scènes de la vie de bohème sont les écrits les plus connus de Murger.

D’abord sorties en feuilleton, ces scènes ont été ensuite regroupées en recueil. Elles ont même été adaptées au Théâtre-Français avec toutefois de petites modifications concernant la dernière scène. En effet, le directeur du théâtre souhaitant « dramatiser » un peu le tout a imposé à Henri Murger de changer sa chute. Après avoir sûrement râlé un peu, Murger, qui avait besoin de sous, dut se résoudre à accepter les modifications…

Et bien lui en a pris car son oeuvre, ainsi que la représentation théâtrale, ont connu la célébrité contribuant ainsi à populariser le mythe de la Bohème parisienne et de ces artistes insouciants qui, entièrement voués à leur art et bien souvent sans le sou, vivaient au jour le jour dans l’attente d’une éventuelle reconnaissance…

Les Scènes de la vie de bohème ont aussi inspiré d’autres oeuvres telles que l’opéra La Bohème de Giacomo Puccini, créé entre 1892 et 1895 ou la chanson La Bohème de Charles Aznavour écrite en 1965.

Mettant en scène quatre amis artistes (un poète, un peintre, un musicien et un philosophe) et leurs compagnes, les Scènes de la vie de bohème sont écrites dans un style léger et sont empreintes d’un humour un peu désuet.

L’hôpital au pied du mur

Où ? Sur le mur de la bibliothèque Sainte-Geneviève – 5ème arrondissement

Lorsqu’on est écouté par des sourds, on écrit sur les murs.

A l’heure où on annonce un hommage vibrant aux soignants pour le 14 juillet 2020, certains semblent désirer plus qu’une poignée de main ou des applaudissements.

Space Invader se casse la tête

Où ? Rue de Poissy – 5ème arrondissement

Un Space Invader tout en cubes dont les faces sont composées par les petits carreaux habituellement utilisés par l’artiste Invader dans ses mosaïques.

Bref, un Space Invader tout en Rubik’S Cub, le fameux casse-tête inventé par Ernő Rubik et sur lequel, dans les années 80, des millions de gens de tous les continents ont planché des heures pour essayer de refaire les 6 faces de la même couleur !

Un clin d’oeil à ces années où déferla aussi sur le monde « Space Invaders », ce jeu d’arcade japonais dont les Aliens envahisseurs ont inspiré Invader.

Le plus vieux parisien a 419 ans !

Où ? Square René Viviani – 5ème arrondissement

Le robinier faux-acacia, le plus vieil arbre de Paris

Planté en 1601 par Jean Robin dans un jardin dont il avait la charge (situé à l’actuelle place Dauphine), ses rejets ont été transplantés par son fils Vespasien Robin dans l’actuel jardin René Viviani qui jouxte la petite église médiévale Saint-Julien-le-Pauvre.

Toujours debout, toujours vivant, toujours feuillu, cet arbre est le plus vieux être vivant de la capitale puisqu’il a 419 ans !

Sur cette photo floue (presque un flou artistique…), la « canne » en béton de ce vénérable ancêtre est bien visible.

Elle permet de soutenir son tronc et d’empêcher qu’il ne penche trop.

Robin, un botaniste on ne peut plus parisien

Jean Robin, né à Paris (1550) et mort à Paris (1629), était un botaniste qui officia en tant que jardinier sous trois rois de France : Henri III, Henri IV et Louis XIII.

Peut-on le considérer comme l’ancêtre spirituel d’Alain Baraton, le jardinier le plus médiatique du moment ? Un peu.

Robin et les robiniers

Nom latin du robinier faux-acacia : Robinia pseudoacacia

C’est le célèbre botaniste suédois Car von Linné (1707-1778), père de la nomenclature binominale encore utilisée actuellement, qui donna le nom du genre de cet arbre (1er mot latin) en hommage à Jean Robin et à son fils.

Pourquoi ? Parce que Jean Robin fut le premier à obtenir un spécimen de cet arbre reçu directement d’Amérique et parce qu’il fut le premier à le planter.

 

Qui a posé un lapin à Paris ?

Où ? 5ème arrondissement, près de la rue des Ecoles.

Très joli collage d’un(e) artiste que je ne connais pas… Si quelqu’un sait…

Merci à Gaston Lutèce pour son info : il s’agit de l’artiste ARDIF, un street artiste français basé à Paris (Instagram @a_r_d_i_f ou Facebook @Ardif Streetart)

Le lapin aux oreilles tombantes est en couleurs et est associé à des dessins de rouages industriels, de bâtiments, de toits… qui, eux, sont en noir et blanc.

Le tout a été imprimé puis collé.

Entre douceur de la nature et dureté des inventions humaines.

L’inscription en lettres de Scrabble juste au-dessus émane probablement d’un tiers amoureux. Sa Mélanie lui aurait-elle posé un lapin ?

Christo est mort, Paris ne sera plus jamais emballé

Christo est mort hier, le 31 mai 2020, à New York.

Né à Gabrovo, ville bulgare située dans la Stara Planina pas loin de Véliko-Tarnovo, il avait 84 ans, presque 85.

Il créait aux côtés de Jeanne-Claude jusqu’au décès de celle-ci en 2009.

Ce couple d’artistes fut connu pour avoir empaqueté et fait disparaître sous d’immenses linceuls de toile de polyester opaque des « objets » de grande taille.

En 1985 : C’est le Pont-Neuf, le plus vieux pont de Paris, qui fut empaqueté d’ocre.

Photo extraite du site de France Inter : voir

Printemps 2020 : Christo devait empaqueter l’Arc de Triomphe.

Suite à l’épidémie, le projet avait été reporté à l’automne 2021.

Il ne se fera donc pas.

Paris covidé, Paris confiné mais Paris libéréééé !

Où ? Jardin du Luxembourg, 6ème arrondissement.

Hier, 30 mai, c’était la réouverture des parcs et jardins en France.

Aujourd’hui, dans l’après-midi, première petite balade entre le 5ème et le 6ème arrondissement, depuis le 17 mars, début du confinement.

Moins de voitures, moins de passants, quasiment pas de touristes… les rues et les quais de Seine nous ont semblé vraiment très calmes.

C’est aussi en voyant, le long des rues, les nombreuses places de parking disponibles qu’on se disait que tout n’était tout à fait encore revenu à la normale…

Sur les quais entre le Pont-au-Change et le Pont-Neuf, des gens venaient s’asseoir pour manger les sandwichs qu’ils avaient achetés aux boutiques de vente à emporter. Mais pas en grand nombre.

Certes le beau était de la partie, mais la visibilité nous a paru quand même bien meilleure qu’auparavant. Moins de pollution ? C’est bien possible.

C’est dans les espaces verts qu’il y avait le plus de monde : dans le square du Vert-Galant à la pointe de l’Île de la Cité, par exemple, ou dans les jardins du Luxembourg dont les pelouses « autorisées » étaient remplies. Mais cependant, pas de problème pour trouver des chaises métalliques ou des bancs vacants et ça, c’était quand même très surprenant pour un dimanche de grand soleil !

Jardin du Luco : Pièce d’eau et parterre central, Palais du Luxembourg (Sénat)

Rotation à 180° : Pelouses. En fond : Grilles côté lycée Montaigne.

 

 

Quand Paris était le bivouac de la Révolution

Il y a 149 ans, le 28 mai 1871, prenait fin la Commune de Paris écrasée par les Versaillais du gouvernement d’Adolphe Thiers au terme de la « Semaine sanglante » (21 mai-28 mai 1871).

Cette semaine fut marquée par des exécutions en masse et des déportations vers le bagne de très nombreux Communards, connus ou anonymes : 30 000 furent tués, 46 000 furent faits prisonniers.

Ainsi le militant Eugène Varlin, lynché par la foule puis fusillé mourant et la militante Louise Michel déportée en Nouvelle-Calédonie.

Jules Vallès, quant à lui, put s’enfuir avant d’être condamné à mort par contumace.

L’amnistie pour les exilés fut votée en 1879 à l’issu d’une campagne menée par des gens comme Victor Hugo.

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« Ô grand Paris !

« Lâches que nous étions, nous parlions déjà de te quitter et de nous éloigner de tes faubourgs qu’on croyait morts !

« Pardon ! patrie de l’honneur, cité du salut, bivouac de la Révolution !

« Quoi qu’il arrive, dussions-nous être de nouveau vaincus et mourir demain, notre génération est consolée ! Nous sommes payés de vingt ans de défaites et d’angoisses.

[…]

« Nous avons saigné et pleuré pour toi. Tu recueilleras notre héritage.

« Fils des désespérés, tu seras un homme libre ! »

Jules Vallès

Extrait de L’Insurgé

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