Peace and love for Paris

Ce logo intitulé « Peace for Paris » qui a fait le tour du monde après les attentats de Paris du 13 novembre 2015 a été créé par le graphiste Jean Jullien.

Ce logo s’inspire bien sûr du logo « Peace and Love » qui, lui, a été inventé par le graphiste britannique Gerald Holtom lors d’une manifestation contre une usine d’armement nucléaire en 1958.

En ces temps plus que troubles, où sont donc passées les personnes fidèles à ces emblèmes pacifistes ? Espérons qu’on les verra bientôt refleurir sur les bannières de la contestation et qu’ils fédéreront à nouveau les âmes exigeantes et de bonne volonté autour du principe de non-violence.

Gandhi, réveille-toi, ils sont devenus fous !

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Charles-Michel de L’Épée et la LSF

Où ? 254 rue Saint-Jacques – 5ème arrondissement

Hier, vendredi 23 novembre 2018, dans son émission Quotidien sur TMC, Yann Barhès accueillait des personnes sourdes et artistes. Emission très intéressante à revoir en replay sur MyTf1.

Aujourd’hui, 24 novembre 2018, le moteur de recherche Google fait une jolie bannière dessinée représentant des enfants en train de signer des lettres, les 6 lettres de l’enseigne bien sûr, mais c’est un bon début quand même quand on n’y connaît rien, comme moi. En effet cette bannière nous montre combien la Langue des Signes Française (LSF) est étrangère à celles et ceux qui entendent.

Pourquoi parle-t-on des sourds en ce moment ?

Pour se rappeler la naissance il y a 306 ans de Charles-Michel de L’Épée (dit l’abbé de L’Épée) né le 24 novembre 1712 à Versailles (où a été érigée une statue) et mort le 23 décembre 1789 à Paris (paroisse Saint-Roch). Sa tombe est d’ailleurs dans l’Eglise Saint-Roch.

En effet, ce prêtre bienfaiteur est l’un des précurseurs de l’enseignement spécialisé dispensé aux sourds. S’il n’a pas inventé cette langue des signes il a largement participé à son perfectionnement.

M’étant souvenu avoir fait des photos en 2016 et les ayant retrouvées, je consacre donc moi aussi un petit article sur le sujet.

L’Institut National de Jeunes Sourds de Paris

254, rue Saint-Jacques

Regard des eaux d’Arcueil à l’usage de l’institut National des Sourds-Muets

Regard Saint-Magloire, ancien aqueduc Medicis.

Situé rue Henri-Barbusse (qui fait angle avec la rue de l’Abbé de l’Epée)

Quelques infos

Site de l’INJS Paris : lien direct

Journée mondiale des sourds (depuis 1958) : Les 28 septembre

Aimé Césaire par C215

Où ? Dans une rue du 5ème arrondissement

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Suite au commentaire d’un lecteur, je retire l’adresse exacte dans la mesure où 3 oeuvres de C215 ont été volées en septembre dernier.

Ils ont emporté des bouts de murs, des portes… Toute une organisation !

Quelle qu’en soit la raison – mauvaise de toute façon – ces bien tristes personnages nous dépouillent, et de nos biens culturels communs, et de notre joie de badauds parisiens.

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Avec sa série intitulée « ILLUSTRES ! C215 AUTOUR DU PANTHEON », l’artiste fait son panthéon à lui.

Ici, hommage au grand poète français Aimé Césaire (1913-2008).

On reconnaît les couleurs de prédilection de C215 : le bleu, le jaune.

Pour voir d’autres productions de ce graffeur, tapez son nom dans le module de recherche.

« Espèces en voie d’illumination » : la lumineuse idée du Muséum !

Une belle promenade nocturne au Jardin des Plantes qui émerveillera petits et grands pendant les fêtes de Noël.

Nul doute que ce sera l’attraction parisienne la plus originale et la plus étonnante de cette fin d’année et qu’elle attirera nombre de familles et de touristes.

INFOS PRATIQUES / EXPO TEMPORAIRE

Où ? Au Jardin des Plantes (Vème arrondissement) / entrée Place Valhubert (Métro Austerlitz)

Quand ? DU 18 NOVEMBRE 2018 AU 15 JANVIER 2019 de la tombée de la nuit à 22h45 (fermé le 25 décembre)

Tarifs et réservations ? >>> voir sur le site du Mnhn

INAUGURATION, MERCREDI 14 NOVEMBRE

A l’occasion de l’inauguration de ce show lumineux « Espèces en voie d’illumination », le Muséum national d’Histoire naturelle et les équipes en charge de l’événement ont accueilli au Jardin des Plantes bon nombre de médias comme l’agence Reuters, Publicis, Beaux Arts Magazine et… Paris au fil des rues ! On ne joue pas dans la même cour que les autres, mais bon, ça fait plaisir. Remerciements au passage.

Tout le monde a été accueilli par M. Bruno David, président du Muséum depuis 2015 et par M. Michel Saint Jalme, directeur de la Ménagerie du Jardin des Plantes depuis 2009.

PREMIER ÉCLAIRAGE, VENDREDI 16 NOVEMBRE 

Et les immenses et nombreuses structures – 60 je crois – ont jeté dans le ciel noir leurs mille et une couleurs chatoyantes…

Photo : Détail de l’arche (voir ci-dessous) 

POINT DE DÉPART, PLACE VALHUBERT

Votre visite commencera Place Valhubert devant les majestueuses grilles qui ouvrent sur le Jardin des Plantes qui, pour l’occasion, restera ouvert tard le soir (et c’est là aussi une grande première !).

Juste après le Monument à Lamarck (fondateur de la doctrine de l’évolution au XVIIIème et XIXème siècle), se dresse une sorte d’arche de Noë préhistorique où diplodocus colorés, animaux fabuleux et arabesques végétales nous plongent d’emblée dans une féerie de couleurs.

En passant dessous, vous laisserez derrière vous le Paris que vous connaissez et entrerez dans le monde imaginaire de l’exposition.

Photo : L’arche avec, au premier plan à droite, la silhouette de la statue de Lamarck 

CONSEILS

Ne pas trop regarder les images de l’événement diffusées sur internet avant de venir pour ménager la surprise de la découverte (ici vous n’en verrez que 3)

Venir à la nuit tombée

S’habiller chaudement

Prévoir 2 heures de promenade (au moins car des ateliers pour enfants et des spectacles vivants seront aussi proposés au fil de la visite)

QUAND LA POÉSIE ET LE MERVEILLEUX ÉCLAIRENT NOS CONSCIENCES

« Espèces en voie d’illumination », un titre bien trouvé

Ce titre détourne la triste phrase « espèces en voie de disparition » et met l’accent sur ce que l’homme peut faire de plus beau pour la nature : illuminer l’avenir.

Une expo bien pensée

Photo : Dans la nuit, des éléphants couleur de lune

Le discours de l’exposition – comme l’a dit M. Bruno David – est « scientifique et léger » pour être accessible à tous. Et c’est une force de l’exposition.

Elle commence donc par des animaux disparus il y a 65 millions d’années comme le T. Rex.

On y découvre ensuite des espèces éteintes comme le Grand pingouin ou menacées comme les Ours polaires.

Au détour des chemins on est sans cesse surpris, ici par des arbres magiques ou par un champ de fleurs merveilleuses, là par des lanternes suspendues ou par un groupe de girafes, là-bas par un passage dans le ventre d’un Requin étincelant…

Une prouesse technique

En effet, le projet a été pensé au mois de mars et les réalisations ont commencé au mois d’août. A noter que la dernière sculpture a été mise en service par les équipes de China Light Festival et du Muséum la veille de l’inauguration !

Certaines sculptures sont animées, d’autres ont leurs couleurs qui changent progressivement.

Les postures des animaux (oursons qui se roulent par terre, dendrobate prêt à sauter, papillons qui s’envolent…) et les formes des végétaux (arbres, fleurs, algues…) montrent que les artisans et artistes ont une bonne connaissance du vivant.

A noter la qualité de la signalétique : quelques panneaux (lumineux également) présentent de courts textes écrits gros qui donnent des informations intéressantes et nous replacent dans l’histoire du Muséum.

ALLEZ-Y LES YEUX FERMÉS (OU PLUTÔT ÉCARQUILLÉS) : C’EST BEAU ET INTELLIGENT !

A propos de la nature, Nicolas Hulot a dit un jour : l’émerveillement est le premier pas vers le respect.

On pourrait appliquer cet adage moderne à cette exposition du Muséum.

Photo : Arbres à lanternes typiques de l’esthétique chinoise 

« Espèces en voie d’illumination » ou la ménagerie merveilleuse du Jardin des Plantes

Où ? Jardin des Plantes – 5ème arrondissement

En ce moment s’installe au Jardin des Plantes une bien curieuse ménagerie : des animaux immenses, colorés, magnifiques prennent peu à peu possession des lieux.

Mammouths, Tigres à dents de sable, Ours, Dendrobates, Mygales, Gorfous sauteurs… tous les animaux de cette ménagerie poétique s’illumineront et vous éblouiront DU 16 NOVEMBRE 2018 AU 15 JANVIER 2019 DE 18H À 22h45.

Voici mes conseils pour votre première visite :

  • N’allez pas au Jardin des plantes en ce moment, attendez le 16 novembre…
  • Si vous ne savez rien de cet événement, allez-y les yeux fermés (ou plutôt les yeux écarquillés !) sans chercher à voir avant d’autres images sur internet ;
  • Pour émerveiller vos enfants, ne leur montrez aucunes images pour ne pas déflorer (ou « spolier » comme on dit aujourd’hui un peu improprement) le caractère magique de cette exposition en plein air.
  • Allez-y quand la nuit sera déjà tombée et par un soir de beau temps mais sans oublier de bons vêtements.
  • Commencez votre visite par l’entrée principale (côté Quai Saint-Bernard).

Les animaux lumineux seront un peu partout jusque dans la Ménagerie elle-même.

Pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise mais pour vous donner quand même une idée de la beauté des réalisations je ne vous mets qu’une photo faite en plein jour de ce Dendrobate :

MERCI D’AVANCE AU MUSEUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE ET AUX ARTISTES !

Eternel jardin

PARIS… AU FIL DES RUES VOUS CONSEILLE :

« ETERNEL JARDIN – LE CIMETIERE DU PERE LACHAISE »

Un documentaire de Christophe d’Yvoire & Augustin Viatte (44 min)

Une promenade bucolique au cimetière du Père-Lachaise, réservoir de biodiversité insoupçonné au coeur de Paris. Le cimetière parisien du Père-Lachaise constitue un eldorado végétal insoupçonné de 44 hectares, préservés du tumulte de la ville. Ce lieu de mémoire accueille une faune et une flore abondantes, qui réinvestissent les lieux depuis que les jardiniers ont banni les pesticides. En compagnie d’experts et d’amoureux de cet écrin de nature, une balade poétique et sauvage, rythmée par le passage des saisons.

Disponible jusqu’au 30/12/2018

Prochaine diffusion sur ARTE : le samedi 24 novembre à 06h35

Jules Vallès, « naturalisé parisien »

Où ? 5ème et 20ème arrodissements

« Naturalisé parisien »

Cette formule de Jules Vallès lui-même résume tout l’attachement de l’écrivain pour Paris, sa ville d’adoption.

C’est dans son excellent livre L’Enfant – son autobiographie romancée – que Jules Vallès évoque ce moment où Jacques Vingtras, le héros du roman (c’est-à-dire lui-même), est contraint par ses parents de quitter sa province pour venir en pension à Paris afin d’y poursuivre son cursus scolaire. Ses parents ont aussi dans l’idée que cette mise à l’écart le remettra dans le droit chemin après quelques entorses aux bonnes moeurs dont il se rendit « coupable » et que vous découvrirez en lisant le livre.

Dans un premier temps l’ado déteste la capitale mais peu à peu, au gré de ses rencontres, s’y attache et s’en éprend avec force.

Paris deviendra alors le cadre de l’évolution politique progressive vers l’anarchisme de Vingtras-Vallès, évolution qui est contée dans les deux autres romans de la trilogie de Vallès : Le bachelier et L’insurgé.

Jules Vallès, en très bref

Jules Vallès naquit en Haute-Loire au Puy-en-Velay en 1832.

Dans L’Enfant, on découvre que Jules Vallès a, dès son plus jeune âge, été sensible à la misère et à l’injustice (voir passage du mendiant) et à la méchanceté des gens de pouvoir envers les plus faibles qu’ils soient adultes ou enfants (voir passage de Louisette) ou même animaux (voir passage de la chienne Myrza).

Il n’est donc pas étonnant en 1871 de le voir prendre fait et cause pour l’insurrection de la Commune de Paris (mars-mai 1871) dont il fut une des figures importantes. Il fut d’ailleurs un des rédacteurs de l’Affiche Rouge (à ne pas confondre avec celle de 1944) et le fondateur de plusieurs publications dont le quotidien révolutionnaire Le Cri du peuple

Après La Semaine sanglante (mai 1871) due à l’écrasement meurtrier et définitif de La Commune ordonnée par Adolphe Thiers, Vallès dut quitter Paris, contraint à l’exil suite à sa condamnation à mort par contumace.

Il ne revint à Paris qu’en 1883 après son amnistie et y mourut en 1885.

Son dernier lieu d’habitation

Où ? 77, boulevard Saint-Michel (5ème arrondissement)

A son retour d’exil, Vallès fut hébergé par Séverine – de son vrai nom Caroline Rémy (1855-1929) -, écrivaine libertaire et féministe. La dernière image que ses yeux emportèrent avant de se fermer définitivement  fut sûrement le Jardin du Luxembourg dont les grilles parcourent le trottoir juste en face.

Sa dernière demeure

Où ? Père Lachaise (20ème arrondissement)

Un cortège de près de 100 000 personnes d’anciens communards et prolétaires accompagna le convoi funéraire jusqu’au caveau :

Le buste qui orne sa tombe date de 1887 et est l’oeuvre de Jean Carlus, sculpteur français (1852-1930). Sur le socle est gravé le nom de Vallès ainsi qu’une plume rappelant son métier d’écrivain :

On peut lire (difficilement) son épitaphe : « Ce qu’ils appellent mon talent n’est fait que de ma conviction ». Elle est signée « J. V. » :