Jules Vallès, « naturalisé parisien »

Où ? 5ème et 20ème arrodissements

« Naturalisé parisien »

Cette formule de Jules Vallès lui-même résume tout l’attachement de l’écrivain pour Paris, sa ville d’adoption.

C’est dans son excellent livre L’Enfant – son autobiographie romancée – que Jules Vallès évoque ce moment où Jacques Vingtras, le héros du roman (c’est-à-dire lui-même), est contraint par ses parents de quitter sa province pour venir en pension à Paris afin d’y poursuivre son cursus scolaire. Ses parents ont aussi dans l’idée que cette mise à l’écart le remettra dans le droit chemin après quelques entorses aux bonnes moeurs dont il se rendit « coupable » et que vous découvrirez en lisant le livre.

Dans un premier temps l’ado déteste la capitale mais peu à peu, au gré de ses rencontres, s’y attache et s’en éprend avec force.

Paris deviendra alors le cadre de l’évolution politique progressive vers l’anarchisme de Vingtras-Vallès, évolution qui est contée dans les deux autres romans de la trilogie de Vallès : Le bachelier et L’insurgé.

Jules Vallès, en très bref

Jules Vallès naquit en Haute-Loire au Puy-en-Velay en 1832.

Dans L’Enfant, on découvre que Jules Vallès a, dès son plus jeune âge, été sensible à la misère et à l’injustice (voir passage du mendiant) et à la méchanceté des gens de pouvoir envers les plus faibles qu’ils soient adultes ou enfants (voir passage de Louisette) ou même animaux (voir passage de la chienne Myrza).

Il n’est donc pas étonnant en 1871 de le voir prendre fait et cause pour l’insurrection de la Commune de Paris (mars-mai 1871) dont il fut une des figures importantes. Il fut d’ailleurs un des rédacteurs de l’Affiche Rouge (à ne pas confondre avec celle de 1944) et le fondateur de plusieurs publications dont le quotidien révolutionnaire Le Cri du peuple

Après La Semaine sanglante (mai 1871) due à l’écrasement meurtrier et définitif de La Commune ordonnée par Adolphe Thiers, Vallès dut quitter Paris, contraint à l’exil suite à sa condamnation à mort par contumace.

Il ne revint à Paris qu’en 1883 après son amnistie et y mourut en 1885.

Son dernier lieu d’habitation

Où ? 77, boulevard Saint-Michel (5ème arrondissement)

A son retour d’exil, Vallès fut hébergé par Séverine – de son vrai nom Caroline Rémy (1855-1929) -, écrivaine libertaire et féministe. La dernière image que ses yeux emportèrent avant de se fermer définitivement  fut sûrement le Jardin du Luxembourg dont les grilles parcourent le trottoir juste en face.

Sa dernière demeure

Où ? Père Lachaise (20ème arrondissement)

Un cortège de près de 100 000 personnes d’anciens communards et prolétaires accompagna le convoi funéraire jusqu’au caveau :

Le buste qui orne sa tombe date de 1887 et est l’oeuvre de Jean Carlus, sculpteur français (1852-1930). Sur le socle est gravé le nom de Vallès ainsi qu’une plume rappelant son métier d’écrivain :

On peut lire (difficilement) son épitaphe : « Ce qu’ils appellent mon talent n’est fait que de ma conviction ». Elle est signée « J. V. » :

Publicités

La Sorbonne attrape un dernier rayon

Où ? Place de la Sorbonne, bd St-Michel, rue des Ecoles – 5ème arrondissement

Entre ombre et lumière en ce samedi soir d’octobre

Le nom de cette prestigieuse université (Lettres, Sciences) vient de Robert de Sorbon qui était chapelain (prêtre desservant une chapelle) et confesseur de Saint-Louis (Roi de France de 1226 à 1270). Il créa là un collège de théologie au XIIIème siècle.

C’est le cardinal de Richelieu, ministre de Louis XIII (Roi de France de 1610 à 1643), qui rénova l’établissement, lui fit don d’une partie de sa fortune ainsi que de sa bibliothèque. A noter que Richelieu y avait été élève et qu’il en avait été le proviseur.

La photo est prise depuis le trottoir d’en face (boulevard Saint-Michel). J’avais donc dans le dos le Lycée Saint-Louis (encore lui), fondé au XIIIème siècle à la même époque donc que le collège de la Sorbonne.

La Sorbonne est classée aux Monuments Historiques depuis 1975 et est aussi actuellement le siège du rectorat de l’académie de Paris.

Naissance d’un bébé orang-outan à la Ménagerie du Jardin des Plantes

Où ? Ménagerie du Jardin des Plantes (5ème arrondissement).

Le 17 octobre dernier naissait Java, bébé orang-outan de Bornéo femelle !

Voici la courte vidéo mise en ligne par le Muséum national d’Histoire naturelle.

Rappelons que les orangs-outans sont classés par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) dans la triste liste rouge qui recense les espèces en danger critique d’extinction.

Quand Hemingway faisait de Paris une fête

Où ? 5ème et 6ème arrondissements

UN JOUR, UN LIVRE…

Alors que l’Amérique ne faisait plus rêver…

Au début des années 20, Ernest Hemingway (1899-1961) et sa femme Elizabeth Hadley Richardson (1891-1979) décidèrent de s’expatrier. L’Amérique ne les faisait plus rêver.

Hemingway alors en quête d’émotions ressentit probablement le besoin de se confronter à l’inconnu, de découvrir des lieux nouveaux, de rencontrer de nouvelles personnes.

Par bonheur, ils furent attirés par Paris et vinrent s’y installer. Hemingway était alors correspondant étranger pour le quotidien canadien le Toronto Star.

… Paris devenait une fête

C’est donc durant cette période parisienne, plongé dans le chaudron de Paris au contact d’autres artistes comme lui expatriés, qu’Hemingway fourbira son style précis et simple en apparence ; et c’est dans ce Paris de l’entre-deux guerre que se cristallisera sous forme de notes la matière première de son futur livre Paris est une fête.

Hemingway n’entreprendra la rédaction de ce livre qu’à la fin des années 50 à partir des notes qu’il avait oubliées dans une malle au Ritz (1er arrondissement) et qu’il ne retrouvera qu’une trentaine d’années plus tard lors d’un de ses retours dans la capitale. Le livre, quant à lui, ne sera publié que trois ans après sa mort.

Et c’est cela qui, selon moi, donne à ce livre sa tonalité paradoxale et envoûtante, une sorte de jubilation de l’instant extrêmement nostalgique.

Paris comme dans un film 

Un écrit qui s’inscrit dans la littérature « lost generation » (formule de Gertrude Stein qui qualifia ainsi les jeunes écrivains américains parisiens souvent désargentés de cette époque) et dans la veine de la littérature dite behaviouriste où le lecteur est libre d’interpréter la personnalité des personnages à partir de la description de leurs actions.

Y sont évoqués les lieux parisiens qu’Hemingway fréquentait (les 5ème et 6ème arrondissements notamment) ; les rencontres qui l’ont marqué et changé (Francis Scott Fitzgerald, Gertrude Stein, Sylvia Beach, James Joyce, Ezra Pound…) ; son travail quasi quotidien de journaliste d’une part et d’écrivain en quête d’un style d’autre part ; ses passions (les courses de chevaux, la contemplation, la marche, le ski, la boxe, l’alcool, la musique, l’amour) ; ses lectures (Tolstoï, Simenon…) ; quelques-uns des voyages qu’il effectua durant cette période parisienne, voyages en France (l’épopée lyonnaise, folle et cocasse, avec F.S. Fitzgerald) et à l’étranger (dans les montagnes du Voralberg en Autriche)…

4 LIEUX PARISIENS ENTREVUS DANS « PARIS EST UNE FÊTE » (il y en a bien d’autres !)

Le 74, rue Cardinal Lemoine 

Le couple Hemingway vécut à cet endroit un peu plus d’un an et demi de 1922 à 1923.

Gros plan sur la plaque avec cette formidable citation extraite du livre.

La citation complète : « Aujourd’hui, je ne sais pas si c’est vrai, mais tel était le Paris de notre jeunesse, au temps où nous étions très pauvres et très heureux » [Paris est une fête, p. 322]. Le début de la phrase apporte une nuance liée au souvenir et au temps qui passe.

Le jardin du Luxembourg 

Ce jardin, Hemingway le traversa souvent.

La Closerie des Lilas, 171 Boulevard du Montparnasse 

Une des brasseries-restaurants où Hemingway se rendait pour noircir son cahier comme il disait.

Librairie Shakespeare and Company, 37 Rue de la Bûcherie 

Dans les années folles, cette librairie-bibliothèque anglophone fondée par Sylvia Beach se situait 12 rue de l’Odéon. Hemingway y a découvert de nombreux auteurs (Léon Tolstoï, Georges Simenon…).

PAS ENCORE DE PHOTO, MAIS BIENTÔT !

PARIS, À LA MORT, À LA VIE…

« Paris n’a jamais de fin » [Paris est une fête, p. 342]

Si au moment où il rédigea Paris est une fête la plupart des protagonistes n’était plus de ce monde depuis belle lurette, que sa jeunesse et son amour s’étaient bel et bien envolés, si, lorsqu’on ferme le livre, on se sent partagé entre énergie et mélancolie, Hemingway semble, par cette citation, passer le relais, nous laissant, à nous ses lecteurs, l’idée que la vie ne vaut que si on fait des choses et des rencontres et qu’il y a toujours la possibilité de faire de chaque jour une fête. Pas facile, mais possible.

Attentats du 13 novembre 2015

C’est peut-être pour cette raison qu’après les attentats qui ensanglantèrent les rues de Paris le 13 novembre 2015 (Bataclan, terrasses des cafés parisiens) plusieurs exemplaires de ce livre furent déposés par des anonymes parmi les fleurs et les bougies mises sur le trottoir devant le bar Le Carillon et Le petit Cambodge.

La littérature est un refuge, la littérature aide à vivre, elle fait le lien entre passé, présent et avenir. Un grand pouvoir donc, celui de l’art en général d’ailleurs.

Roman de Ernest Hemingway posé a la terrasse du bar Le Carillon après l’attaque de la veille – Paris, 15 novembre 2015 – Voir l’article de Télérama

Si vous avez 30 secondes : réécoutez Danielle Mérian qui était présente lors de l’hommage aux personnes assassinées :

Si vous avez 9 minutes 30 secondes : réécoutez l’interview qu’elle a donnée à La Clique, l’émission du journaliste Mouloud Achour à laquelle participait aussi l’acteur Omar Sy :

 

L’office de tourisme de Paris – The tourist office of Paris

Où ? 29 rue de Rivoli (4ème arrondissement).

Pour information, depuis le 18 juin 2018 le point d’information Pyramides a été transféré à l’Hôtel de Ville. For information, since June 18th, 2018 the point of information Pyramids was transferred to the City hall.

Comment s’y rendre ? How go to it ? 

RER : Châtelet Les Halles (ligne A et B)

Métro : Hôtel de Ville (ligne 1) ou Châtelet (ligne 4).

Horaires. Shedudle :

cliquez ce lien / click this link

Voir le site :