Des poteaux-cyclopes : bien vu !

Où ? Rue des Canettes (me semble-t-il ; à vérifier ; une des rues donnant sur Saint-Sulpice en tout cas.) – 6ème arrondissement

Fantaisiste et coloré : le Paris qu’on aime !

Les poteaux marrons anti-stationnement qui ressemblent à des quilles sont communs sur tous les trottoirs.

L’artiste de rue, le bien nommé CyKlop (=Olivier d’Hondt), a eu l’excellente idée de se saisir de ce support et de donner à chaque poteau le regard d’un cyclope.

Bien vu !

Les cyclopes au garde-à-vous

Cet article aura une suite car il semble que CyKlop ait oeuvré dans bien d’autres rues.

Pour mémoire on se rappelle aussi de ce jeu de mots réalisé à partir d’un poteau de la rue Séguier : « le pot aux roses ». Cliquez ici pour relire l’article.

 

 

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La vision de Saint Eustache

Où ? Rue Rambuteau – 1er arrondissement

HISTOIRE DU SAINT

Au cour d’une partie de chasse au cerf, le païen Placidas voit apparaître devant lui un grand cerf crucifère, c’est-à-dire un cerf possédant une croix chrétienne entre ses bois.

Immédiatement il se convertit avec sa famille au christianisme.

Il prend alors le nom d’Eustache.

Et cette anecdote est bel et bien rappelée sur l’église !

Levons la tête et braquons les jumelles au niveau de la flèche verte

Et voici ce que l’on voit…. le fameux cerf crucifère !

HISTOIRE DE L’EGLISE EN BREF

XIIIème siècle : Chapelle dédiée à Sainte Agnès. (Cliquez ici pour voir le bas-relief « poisson » de la crypte)

XVIème siècle : Construction de l’église rebaptisée Saint Eustache.

XVIIème siècle : Sous l’impulsion de Jean-Baptiste Colbert, Louis Le Vau, architecte de Louis XIV, dessine un nouveau projet pour agrandir l’église. Le projet est en partie gelé faute de financements.

XVIIIème siècle : Jean Hardouin-Mansart reprend le projet et devient l’architecte.

XIXème siècle : Inscription de l’église aux monuments historiques. Restauration de certaines parties.

Façade avec sa deuxième tour non construite (flèche violette)

L’entrée de l’église (flèche jaune)

Une église très intéressante à visiter notamment pour :

Le mausolée de Colbert de Antoine Coysevox ;

La peinture « Disciples d’Emmaüs » par Rubens ou son école ;

Le magnifique et inattendu triptyque de Keith Haring « La vie du Christ ».

A noter que cette église a été aussi le lieu d’importants événements concernant des personnages célèbres :

Le baptême de Molière mais pas son inhumation, l’église n’ayant pas digéré ses comédies qui tournaient en dérision les faux dévots (relire « Le Tartuffe ») ;

La première communion de Louis XIV ;

Les mariages de Sully et de Lully etc.

 

« Il faut se méfier des mots » dixit Ben

Où ? Rue de Belleville – 20ème arrondissement

Décidément, le hasard des balades fait bien les choses… Quel étonnement de voir deux personnes en train d’installer un tableau géant sur le pignon d’un immeuble en plein Paris !

Au bout de quelques secondes, on comprend que la scène est en quelque sorte en arrêt sur image, en équilibre pour toujours… et ce depuis 1993 ! On voit à la signature que cette installation a été créée par l’artiste BEN.

Ca me fait penser aux sentences et maximes morales qu’on écrivait à la craie sur les tableaux et que l’instituteur faisait lire aux élèves autrefois. Mais le message est ici plus subversif…

Et la différence de taille entre le tableau et les ouvriers peut donner l’impression que les mots prennent immanquablement le dessus sur les hommes, sur la réalité.

Les mots mentiraient-ils ? On pense aux fake news…

Quand l’impression du mouvement est rendu par une scène figée

Citation de Ben : « Si l’art n’est qu’une question de signature, alors pourquoi ne pas faire un tableau avec juste sa propre signature ? »

Né le 18 juillet 1935, Ben a aujourd’hui-même 83 ans… Bon anniversaire donc ! et merci à lui d’avoir posé ses bons mots sur les murs de Paris.

Le marchand de masques du Luco [Partie 2]

Où ? Jardin du Luxembourg – 6ème arrondissement

En bref

Cliquez ce lien pour voir la partie 1 présentant les masques de la statue.

Zoom sur le marchand 

Les vêtements du marchand font aussi écho à l’antiquité grecque (ou romaine) et à la mythologie :

Ses chaussures 

Les sandales du « Marchand de masques » semblent être des crépides décorées par une feuille d’acanthe :

  • La feuille d’acanthe est un motif architectural qui était utilisé dans l’architecture grecque classique puis dans l’architecture romaine.

Son caleçon (qui mériterait une petite réfection car les motifs sont vraiment peu lisibles)

Derrière :

On voit sur chaque fesse, un personnage avec un cerceau. Celui de gauche a, en plus, un coq dans une main :

  • Le jeu (antique) du cerceau montre que les garçons sont jeunes ou ados.
  • Dans l’antiquité grecque, le coq était un présent habituellement offert par les hommes qui voulaient séduire un garçon.
  • Le premier veut-il séduire le second ?
  • A noter que dans la Grèce antique, la pédérastie était une institution liée à l’éducation.

Une représentation sur un cratère (vase antique à deux oreillettes) grec du siècle de Périclès (Vème av. JC) conservé au Louvre nous permet d’expliquer cette représentation :

  • Sur une face du cratère on voit la même scène que sur la statue : jeune homme, cerceau, coq.
  • Sur l’autre face du vase, une sorte de guerrier est représenté avec un très long sceptre qu’il tient suggestivement tendu en direction de l’adolescent : c’est Zeus qui va séduire et enlever Ganymède, un jeune troyen considéré comme « le plus beau des mortels », pour en faire son échanson.

Z. Astruc s’est donc inspiré de cette scène ou tout du moins de ce mythe :

  • Cependant, à l’arrière de la culotte du marchand, Zeus n’a pas d’attributs qui permettent de l’identifier. Ce doit donc être lui qui tient le coq.

Devant :

Au milieu on voit un personnage féminin à long cheveux caressant un cheval et de part et d’autre des soldats avec des lances.

 

  • Lors de l’enlèvement de Ganymède et pour compenser la perte du fils, Zeus offrit au père et probablement à la mère de l’adolescent des juments immortelles.
  • Il s’agit donc d’un des chevaux divins et de la mère de Ganymède.
  • A travers ce personnage qui était le serviteur de Zeus, le dieu des dieux de l’Olympe,  Zacharie Astruc rend hommage aux artistes représentés sur ses masques : il en fait en quelque sorte les intermédiaires entre le divin et les hommes.

La sagesse au bout du parking

Où ? 37, rue du Disque – 13ème arrondissement

Dans un précédent article je présentais deux rues assez particulières : la rue du Javelot et la rue du Disque situées sous la dalle des Olympiades.

La rue du disque fait un « U » et ses deux accès donnent sur l’avenue d’Ivry.

A l’entrée située quasiment en face du magasin d’alimentation Paragon Gourmet Market et de la rue des Frères d’Astier de la Vigerie, j’ai été surpris de trouver l’entrée d’un grand temple bouddhiste.

Un des grands tags muraux à l’entrée juste à gauche du temple

L’entrée discrète du temple

Il est géré par l’Association des Résidents en France d’Origine Indochinoise (acronyme A.R.F.O.I).

Au rez-de-chaussée, c’est le temple avec plusieurs représentations de Bouddha qui offre la communauté des croyants des cérémonies quotidiennes.

En plus d’être un lieu de culte, ce centre propose à ses adhérents :

  • des activités pour leur permettre de mieux s’intégrer culturellement tels que des voyages, loisirs, musique, sport, cours de français et de chinois ;
  • des aides plus sociales comme la recherche de logement, l’aide aux personnes dans le besoin etc.

A noter que chaque mois, le premier jour et le quinzième jour (date lunaire), l’A.R.F.O.I offre un repas végétarien pour les croyantes et les croyants.

 

Les deux rues les moins romantiques de Paris

Où ? Rue du Javelot et rue du Disque – 13ème arrondissement

Bref descriptif :

Ces deux courtes rues ont été baptisées ainsi en référence à ces deux disciplines du lancer de l’athlétisme olympique qui est le thème du complexe des Olympiades sous lesquelles elles passent.

Créées en 1972 lors de la rénovation du secteur Italie XIII (ancienne gare des Gobelins), elles cheminent entièrement sous la dalle des Olympiades.

Ce sont des voies privées ouvertes à la circulation.

Cependant, ce ne sont pas des rues que l’on prend pour flâner, d’une part parce que c’est un peu dangereux et pas vraiment croquignol, d’autre part parce que l’air qu’on y respire n’y est pas des plus purs et enfin parce que ces rues sont censées être interdites aux piétons…

Balade sous la dalle :

Depuis la rue de Tolbiac

Deux itinéraires possibles

Croisement rue du Javelot et rue du Disque

Rue du Disque depuis l’avenue d’Ivry

Un peu de couleurs…

Les tags rue du Disque nous rappellent que nous sommes là au coeur du quartier chinois et asiatique de Paris.