La fontaine de « L’Observatoire », une des plus belles de Paris

Où ? Avenue de l’Observatoire (dans le jardin des grands explorateurs) – 6ème arrondissement

LE JARDIN DES GRANDS EXPLORATEURS

Ce jardin, ouvert en 1867, rend hommage à 2 explorateurs :

  • Marco Polo (1254-1324) qui est probablement le premier explorateur occidental (il est vénitien) de l’Orient (Chine, Moyen-Orient).
  • Robert Cavelier-de-la-Salle (1643-1687) qui, sous le règne de Louis XIV, explora l’Occident (Amérique du Nord et notamment les Grands Lacs, le Mississipi. Il meurt assassiné aux environs de la Louisiane).

DESCRIPTIF DE LA FONTAINE DE L’OBSERVATOIRE

Le jardin « Marco-Polo » s’ouvre sur cette grande fontaine.

Elle a été conçue en 1875 par Gabriel Davioud qui était « inspecteur général des travaux d’architecture de la ville de Paris » et donc collaborateur du baron Haussmann sous Napoléon III.

Plusieurs artistes ont collaboré.

La fontaine et au loin le Palais du Luxembourg (flèche jaune)

La fontaine et au loin l’Observatoire de Paris (flèche mauve)

LES QUATRE PARTIES DU MONDE 

La fontaine représente les 4 parties du monde qui sont symbolisées par 4 statues féminines toutes du sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875).

Ce sont des allégories des continents.

L’Afrique :

Symbolisée par une Femme africaine qui se reconnaît à son visage, à ses cheveux et à la créole qu’elle porte à l’oreille.

Le continent est aussi évoqué par la peau de lion qu’elle porte sur l’épaule et dont une des pattes lui cache le sexe.

A ses pieds, la chaîne des esclaves : une extrémité est reliée à une entrave qui enserre encore sa cheville droite tandis que l’autre extrémité est ouverte laissant son pied gauche libre. Allusion à l’abolition très récente de l’esclavage (1848) et peut-être aussi un message signifiant que l’Afrique n’est pas encore, dans les années 1875, tout à fait libérée du joug de l’esclavage.

A noter, qu’avant de réaliser ce personnage Carpeaux avait fait une série de bustes préparatoires intitulée « Pourquoi naître esclave ? ». Deux de ces bustes sont en plâtre et l’un des deux est au Petit Palais à Paris. Les autres bustes sont dans différents musées dont un à New York.

L’Amérique : 

Symbolisée par une Femme amérindienne dont la coiffe évoque la couronne de plumes de certains peuples autochtones.

L’Asie :

Symbolisée par une Femme asiatique avec une longue natte tressée qui passe sur son épaule et dont les yeux sont bridés. Le tissu qui cache son intimité pourrait évoquer la soie de Chine.

[Pas encore de photo correcte]

L’Europe :

Symbolisée par une Femme européenne dont je n’ai pas décelé de marques distinctives.

[Pas encore de photo correcte]

Et l’Océanie alors ?

Peu de chance que ce soit un oubli. Elle a probablement été volontairement zappée d’une part parce que, même si l’Océanie passe pour un continent, elle ne l’est pas vraiment et d’autre part parce que, pour une question purement artistique d’équilibre de l’ensemble, ça arrangeait peut-être bien l’artiste de ne pas mettre une cinquième statue.

On peut penser que cette 5ème partie du monde est quand même évoquée par la présence des tortues marines du bassin (voir ci-dessous) ; en effet, certaines espèces de tortues marines (Tortue verte) se rencontrent dans l’Océan indien, en Polynésie par exemple.

GLOBE TERRESTRE & VOÛTE CELESTE

On les doit au sculpteur Eugène Legrain (1837-1915), élève de Carpeaux.

Les 4 statues décrites ci-dessus portent à bout de bras une sorte de cage sphérique représentant probablement l’univers et contenant le globe terrestre comme suspendu à l’intérieur.

Remarquez aussi sur la frise qui fait le tour de la cage et est décorée de très beaux signes du zodiaques. Ils évoquent les étoiles.

Ci-dessous de gauche à droite : le Taureau, le Bélier, le Poisson et le Verseau (ici on voit le bras d’un homme ou d’un dieu posé sur une jarre qui coule et « verse [son] eau » sur le monde).

ANIMAUX DE LA MER

Ils ont été réalisés par le sculpteur Emmanuel Fremiet (1824-1910).

Chevaux et dauphins au pied du groupe principal de statues  :

Les chevaux de la mer avec leur crinière tressée et des nageoires sur les côtés semblent en plein effort. Avec l’eau qui leur arrive dessus, l’effet est superbe.

Les dauphins sont visibles entre les chevaux. En sculpture, ces dauphins ressemblent plus à des poissons fantastiques qu’à de vrais dauphins.

Ce bestiaire est un grand classique des fontaines. Ces animaux imaginaires évoquent l’océan, l’eau. En effet, dans la mythologie grecque les chevaux tiraient le char de Poséidon le dieu de la mer, les dauphins étaient ses fidèles émissaires et passaient pour protéger les navigateurs.

[Pas encore de photo correcte de dauphin]

Tortues dans le bassin en eau :

Toutes crachent des jets d’eau vers le monument central.

Il s’agit de tortues marines (et non terrestres) reconnaissables à leurs longues nageoires antérieures. Elles sont donc également là pour évoquer les mers et océans, les grands voyageurs-explorateurs, thème du jardin.

FRISES ET DECORATIONS SUR LE PIEDESTAL

Réalisées par le sculpteur Louis Villeminot (1826-1914) sur lequel je ne sais pas grand-chose.

[Pas de photos correctes]

PETITES BALADES A FAIRE PAR BEAU TEMPS DEPUIS LA FONTAINE…

En entrant par l’entrée principale côté fontaine et en remontant le jardin vous tomberez sur un autre jardin – l’esplanade Gaston-Monnerville – qui vous mènera tout droit jusqu’à une des entrées du Luco (le jardin du Luxembourg) dont on aperçoit la Palais tout au fond de la 1ère photo en haut de l’article au niveau de la ligne de fuite des arbres). Prenez du bon temps, une chaise, un livre, une glace…

En sens inverse vous irez vers l’Observatoire de Paris (construit sous Louis XIV) qui est à l’exact opposé du Luco : en sortant du jardin – toujours par la porte côté fontaine – continuez tout droit en direction du bâtiment que vous voyez au loin avec un dôme blanc sur la 2ème photo en haut de l’article. Ne se visite plus pour le moment.

Petite carte. Merci Google map !

Publicités

Ça plante au Luco !

Où ? Jardin du Luxembourg – 6ème arrondissement

Hier, 16 mai, une armée de jardiniers s’attelait à fleurir le jardin ! Chacun avait sa parcelle.

 

La tombe collective de Siné & Co

Où ? Cimetière Montmartre – 18ème arrondissement

Il y a deux ans pile, le 5 mai 2016, le dessinateur Siné cessait son…

… et poussait son dernier miaulement…

Pas de stèle ni de croix mais un drôle de cactus qui ne manque pas de piquant !

Grâce à ce bronze provocateur dressé vers le Ciel, la petite et modeste tombe se repère de loin.

Et désormais nous sommes fixés : c’est ce type de plantes (très) évocatrices (si si regardez bien) que donnent les graines d’Ananar !

« Mourir ? Plutôt crever ! »

Cette épitaphe, en grosses lettres (reproduisant l’écriture de Siné), est un des traits d’esprit les plus subtils et impertinents rencontrés jusqu’alors dans pareils lieux.

Si la Mort avait de l’humour, elle mourrait sûrement de rire ! Mais il n’en va pas ainsi. Personne ne la trompe, même pas les rigolos.

Communauté d’âmes

A noter qu’il s’agit d’une concession à perpétuité que Siné avait retenue en 2007 avec le réalisateur et comédien Benoît Delépine (longue vie à lui).

Ce caveau pourra donc – sans peine – accueillir les cendres de pas mal d’autres âmes de la famille, du cercle d’amis (une soixantaine d’urnes en tout !).  On ne sait jamais, des fois que l’éternité passe plus vite à plusieurs…

Anik Sinet, sa première femme, repose à ses côtés. Aussi étonnant que cela paraisse, elle est décédée et a été inhumée le même jour que lui.

Depuis 2016, l’ont également suivi : André Clergeat, critique de jazz (une des passions de Siné) ; Christophe Otzenberger, documentariste qui s’est intéressé aux personnes déshéritées.

Quant à Catherine Sinet, la seconde épouse de Siné, elle a déjà fait marquer son nom sur la dalle funéraire…

Et puis, pour Siné qui a tant dessiné de chats, les vrais ne sont jamais bien loin.

En voici deux à la recherche de quelques obliques rayons de soleil du mois de Mai.

Pas mécontents d’être en vie quand même.

La Lune, le Soleil et Vincent de Paul

Où ? Rue du Faubourg Saint-Denis – 10ème arrondissement

Ces deux sculptures de bronze sont du sculpteur turc Cem Sağbil (1958-) qui les a réalisées en 2006 pour une expo. Elles sont désormais en plein air.

Héméra est une déesse. Elle prend le soleil le matin et le ramène le soir. Elle symbolise le jour. A ses côtés, l’homme personnifie la nuit, avec son croissant de lune dans les mains.

A noter que le croissant de lune est aussi présent sur le drapeau de la Turquie.

En arrière-plan sur l’immeuble : le visage de Saint-Vincent-de-Paul. Peint sur des lattes verticales, fines et longues, il apparaît légèrement flou. Il est d’ailleurs plus net sur la photo qu’en vrai.

Cela rappelle que ce quartier nommé « Saint-Vincent-de-Paul » occupe le site qui fut jadis appelé « l’enclos Saint-Lazare » où le religieux du XVIIème siècle avait installé son ordre de « la congrégation de la mission » pour venir en aide au plus démunis.

Panthère des neiges

Où ? 8, rue Léon Schwartzenbzerg (pas loin de la gare de l’Est) – 10ème arrondissement

La magnifique médiathèque parisienne Françoise Sagan (peut-être la plus grande de Paris) a ouvert ses portes le 16 mai 2015 dans le clos Saint-Lazare.

Pour l’occasion, Philippe Baudelocque avait réalisé sur le mur en face de l’entrée une magnifique fresque de très grande dimension (17 mètres de long sur 6 de haut) représentant une panthère des neiges, animal à la fois rare, élégant, solitaire, rapide, puissant, méfiant et vulnérable.

Photo avec voiture pour avoir une idée de la taille…

Détail de la tête

Sur le fond noir, les traits blancs font ressembler l’ensemble à une immense carte à gratter. Il s’agit en fait de pastel à l’huile appliqué sur un mur noir.

Pour représenter le pelage et le corps de l’animal, l’artiste a créé des espaces graphiques qu’il a remplis de différentes formes géométriques donnant à son oeuvre un côté primitif et un aspect visuel magique.

Apparemment, d’autres fresques ont été créées par l’artiste. A suivre donc.

 

Un des plus importants « squarts » de Paris

Où ? 59, rue de Rivoli – 1er arrondissement

Au 59 de la célèbre rue parisienne, des artistes décident en 1999 d’investir un immeuble « abandonné » par le Crédit Lyonnais.

Ils créent et exposent. Ils ouvrent leurs portes aux visites. Un squart (squat dédié à l’art) est né. Son nom : Chez Robert, électron libre.

L’occupation est bien sûr illégale. En 2000, l’expulsion est décidée par l’état. Le souci c’est qu’à l’époque « Chez Robert » est, en terme de fréquentation, le 3ème lieu d’expos d’art contemporain le plus visité de Paris… Des groupes de personnes s’élèvent contre cette décision, bataillent contre.

Finalement le lieu est racheté par la Mairie de Paris (Bertrand Delanoë) et restauré. Les artistes sont « officialisés » et peuvent continuer leur travail.

L’intérieur se visite bien sûr et toujours librement ; des concerts y sont organisés (voir le lien en bleu ci-dessus).

En ce moment la façade est ornée d’un immense serpent, libertaire et coloré.

Le corps de l’animal semble être fait de boudins de tissus colorés, la tête réalisée avec des balles de tissus. Effet garanti ! A voir par temps ensoleillé.

Le café Biard devenu Le Joker de Paris

Où ? 1, rue Léopold Bellan et 73 rue Montorgueil – 2ème arrondissement

Pas beaucoup d’informations concernant l’histoire de cet ancien Café Biard devenu Le  Joker de Paris, une librairie s’ouvrant sur les deux rues et vendant également des jeux et quelques souvenirs.

Si vous avez des précisions sur ce café du 2ème arrondissement, n’hésitez pas à en faire part.

Les panneaux d’enseigne sont en mosaïque et ressortent sur le bleu cobalt des devantures qui semblent en bois peint et sont ornementées de moulures sur la face qui fait l’angle.

 

Il semble que les Cafés Biard formaient une enseigne parisienne composée de plusieurs franchisés.

Voici une publicité de 1908 réalisée par un certain Maurice Neumont et conservée à la Bibliothèque nationale de France.

Elle est consultable sur Gallica (remarquez le blason de la ville de Paris sur la robe de la dame qui est, en fait, une allégorie de la ville tandis que tous les autres personnages sont identifiés à des personnes bien réelles de la haute société de l’époque) : voir