Héloïse et Abelard, à la vie, à la mort

Où ? Père Lachaise – 20 ème arrondissement

Héloïse – jeune étudiante et future femme de lettres – et Abelard – théologien admiré et père de la scolastique – se sont rencontrés sur l’Île de la Cité. [La cathédrale Notre-Dame de Paris n’existait pas encore, sa construction ayant débuté en 1163].

En 1113, Pierre Abélard devint le professeur particulier d’Héloïse mais, très vite, les études théologiques passèrent au second plan… et leur relation devint passionnelle, charnelle, violente, spirituelle.

Mariage secret, enfant, enlèvement, écrits remettant en question certains dogmes de l’église… le scandale moral et religieux fut énorme et Pierre Abélard s’attira les foudres notamment de l’oncle d’Héloïse, le chanoine Fulbert, qui, une nuit, envoya deux hommes de main pour – ô horreur ! – le faire émasculer.

Dès lors, la vie des deux amants fut brisée. Héloïse, par amour, prit le voile et devint abbesse. Abélard, rétabli tant bien que mal, ne put plus professer. Il continua à écrire jusqu’à ce que Bernard de Clairvaux attaque une nouvelle fois ses ouvrages et parvienne à le faire bannir définitivement de l’église (interdiction de parler de Dieu et d’écrire, interdiction d’entrer dans les églises, les monastères).

Malgré tout, Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, le recueillit et c’est dans cette abbaye qu’Abélard mourut en 1142.

Mais l’histoire des deux plus célèbres amants du monde ne s’arrête pas là.

L’abbé de Cluny fit – ô sacrilège ! – exhumer le corps d’Abélard pour le faire transporter jusqu’à l’abbaye d’Héloïse pourtant interdite aux hommes.

Lorsque celle-ci mourut en 1164, son corps fut placé avec celui de son amant qui – ô miracle – ouvrit les bras…

Leur cercueil fut ensuite transféré dans plusieurs endroits et c’est le 16 juin 1817 qu’il arriva au Père Lachaise.

Leurs deux gisants en prière rappellent cette histoire d’amour tragique et romanesque qui traversa le temps pour les siècles des siècles.

A lire : « Héloïse, ouille ! » de Jean Teulé. Cru et documenté, ce roman est un des meilleurs de l’auteur avec « Je, François Villon ».

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