Arthur Rimbaud, un Vilain Bonhomme à Parmerde, le Diable au milieu des docteurs…

Où ? Rue Férou – 6ème arrondissement

PAR_rue Férou_6e_bateau ivre_2

Histoire 

A l’invite de Paul Verlaine, Arthur Rimbaud arrive en 1871 à Parmerde (mot bizarre inventé par Rimbaud et voulant dire Paris bien sûr).

Il a dix-sept ans et a sur lui un long poème : « le Bateau ivre ».

Arthur Rimbaud semble l’avoir écrit pour cette occasion, en vue de le dire devant les amis de Verlaine, un groupe d’artistes dénommé « Les Vilains Bonshommes » qui se réunissait régulièrement dans différents lieux de la capitale.

Objectif pour Rimbaud : frapper fort, impressionner, provoquer, dérégler la poésie. Rappelons qu’il n’est absolument pas connu et qu’il a dix-sept ans… mais ça on l’a déjà dit.

C’est dans un café, aujourd’hui disparu (et désormais maroquinerie) donnant sur la place Saint-Sulpice dans laquelle débouche la rue Férou, que Arthur Rimbaud déclama pour la première fois  son « Bateau ivre », le 30 septembre 1871.

Les Vilains Bonshommes qui virent et entendirent ce très jeune homme furent fascinés par son regard bleu et son allure gauche, par son intelligence fulgurante et sa « liberté libre ».

Certains des poètes présents y virent avec malice rejouer une scène de la Bible  « Jésus parmi les docteurs » (voir évangile de Luc), scène dans laquelle le Temple de Jérusalem et la religion auraient été la Poésie, où eux-mêmes auraient figuré les docteurs (ceux qui sont censés détenir le savoir) et où Rimbaud aurait incarné Jésus .

Mais le discours de Rimbaud n’était pas vraiment celui de Jésus, il était radical et cynique… D’autres poètes virent donc en lui plutôt le Diable que le Christ !

Il  n’en fallut pas plus à Léon Valade, lui aussi présent ce 30 septembre, pour faire un trait d’esprit qui résume bien ce que représentait Rimbaud à cette période : ‘Le Diable au milieu des docteurs ».

Ce poème est donc fondamental dans l’existence du poète et c’est pourquoi il a été choisi pour figurer sur le mur.

Le Bateau ivre, poème désormais « pétroglyphe »

Projet : Cette magnifique idée de reproduire sur 300 mètres carrés de mur une poésie de Rimbaud a abouti grâce à la ténacité de Mme Hetty Leijdekkers et M. Ben Walenkamp de la fondation Tegen-Beeld de la ville de Leyde au Pays-Bas. (9 ans de pourparlers pour convaincre la mairie de Paris).

L’artiste calligraphe : Jan Willem Bruins

Date de l’inauguration : 14 juin 2012

Notes : Le choix de la rue semble ne pas être dû totalement au hasard. Voir sur place le petit encadré explicatif.

Sur la seconde photo, le lampadaire masquant certaines lettres, celles-ci ont été rajoutées avec photoshop.

Si la devise de la ville de Paris est « Fluctuat nec mergitur » (« il est battu par les flots mais ne sombre pas » ou « il flotte mais jamais ne coule »), le bateau-poète qui est emporté au fil des quatrains finira, lui, par renoncer à son voyage et en quelque sorte par sombrer…

PAR_rue Férou_6e_bateau ivre_3

PAR_rue Férou_6e_bateau ivre_4

PAR_rue Férou_6e_bateau ivre_5

PAR_rue Férou_6e_bateau ivre_6

PAR_rue Férou_6e_bateau ivre_7

 

 

 

 

Advertisements

2 réflexions sur “Arthur Rimbaud, un Vilain Bonhomme à Parmerde, le Diable au milieu des docteurs…

  1. Pingback: (5) Bateau Ivre | aparikoumi

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s